"I feel that there is nothing more truly artistic than to love people" 

VINCENT VAN GOGH

« Être photographe est une occasion unique de vivre plusieurs vies en une seule ». Cette voie de l’image, Ksenia Vysotskaya a décidé de la suivre après avoir, un temps, emprunté un chemin différent. Sa curiosité innée et un irrésistible besoin d’aller à la rencontre des autres l'ont naturellement menée à la photographie. 

 

Un regard bienveillant

 

Ainsi Ksenia Vysotskaya transpose-t-elle sur papier glacé ses questionnements autour de l’humain, de la société, des lieux de vie, du sens des objets du quotidien. « J’ai choisi de photographier les humains, explique-t-elle, car c’est là que je trouve le plus de vie, de diversité et de sens ». Sa démarche résume son intérêt pour les hommes, leur environnement et leur histoire. Il s’agit avant tout de poser un regard bienveillant et affranchi de tout jugement : « Je pars du principe que chaque personne que je rencontre est, d’une part digne de respect, d’autre part digne d’intérêt. Je ne cherche ni la beauté ni la perfection. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre ».

 

Le récit par l’image

 

Le philosophe Roland Barthes disait : « Le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés. Le récit commence avec l’histoire même de l’humanité. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu nulle part, aucun peuple sans récit. Le récit est là, comme la vie ». Pour Ksenia Vysotskaya, ce récit prend aujourd’hui la forme du storytelling.

La photographe invite les spectateurs à se laisser emporter par le storytelling comme par un film ou un roman, à s’identifier au récit. Elle a pu au fil des ans constater combien le storytelling est un instrument puissant parce qu’il nous parle à un niveau émotionnel, qui va au-delà de la logique et de la raison.

 

Comprendre le sujet

 

Pour donner du sens à ces histoires, la jeune photographe veut sentir, voir, comprendre ce qui va constituer son sujet. Chaque projet fait l’objet de recherches approfondies, « Un long temps d’immersion et d’observation est nécessaire pour saisir une situation, en extraire l’essence, puis traduire cela dans un vocabulaire abstrait et néanmoins très puissant : l’image ».

 

La douceur de l’argentique

Ses messages, ses récits, ses images, prennent vie dans un endroit qui pourrait aujourd’hui paraître surprenant : une chambre noire, là où la photo nait peu à peu, là où la photographe prend le temps de la travailler, de la laisser apparaître. À l’heure du numérique, Ksenia Vysotskaya a choisi l’argentique. Et ce n’est pas un hasard, c’est même l’un des piliers de sa pratique photographique.

La Lyonnaise revient ainsi à l’essentiel, le toucher. « La beauté de l’argentique est dans l’approche, mais aussi dans la douceur et les imperfections des images. Cette technique sous-entend un rapport différent à l’image. C’est un chemin vers plus de sens ». Un chemin qui correspond parfaitement à celui emprunté par Ksenia Vysotskaya pour son œuvre photographique, semé de rencontres, d’émotions, et de réflexion, pour que chaque image devienne un objet unique.

 

Texte écrit par Muriel Gutierrez