ITALIURI EZO 

 

Tbilisi, octobre 2017

 

A Tbilisi, la cour intérieure est le cœur battant de la culture domestique. 

 

Appelés « cours italiennes » en raison de leur animation, ces espaces se situent à la limite entre domaine public et lieu privé.

 

C’est ici, à l’abri des regards indiscrets, que l'on découvre le quotidien des habitants et que se déploie toute une poésie du paradoxe. Ici cohabitent chaos et harmonie, ouverture et méfiance, balcons soignés et recoins décrépits, Géorgiens, Arméniens, Azéris, Russes et Kurdes. Mille textures, motifs et matières se superposent pour créer un patchwork unique et surprenant, qui fut un lieu de tournage privilégié pour les réalisateurs de l’époque soviétique.

 

Les nombreuses activités en commun et l’esprit de solidarité des habitants font la richesse sociale des cours italiennes. Les femmes discutent en buvant le café pendant que les hommes jouent au Tavla, jeu de table oriental chéri des géorgiens. Grands et menus services se rendent tout au long de la journée : préparer un repas pour un veuf désemparé, faire des courses d’appoint pour une mère de famille débordée, étendre le linge de la voisine souffrante… Petits chariots de maraîchers côtoient micro-ateliers artisanaux pour former des écosystèmes presque auto-suffisants.  

 

Aujourd'hui, le délabrement de certains de ces lieux les voue à la disparition.